Le cercle infernal de la transphobie et de l’incarcération

Je me risque à un bref article retraçant superficiellement l’histoire de X, une femme trans qui a été incarcérée en france en 2015. Je n’ai malheureusement que très peu d’informations sur cette affaire, et je ne suis pas en contact avec la famille de la victime. Par ailleurs, l’administration pénitentiaire ne semble laisser filtrer aucune information sur l’incarcération de cette personne, ni sur la fin tragique qu’elle a connu. Les quelques maigres infos que j’ai réussi à glaner sont parues dans la presse régionale, et ont été obtenues via réseaux militants. Je me contenterais donc de faits simples et brefs pour relater l’histoire anonymisée d’une femme trans incarcérée en france en 2015.

TW : Prison / Transphobie / Suicide

FIN AOÛT 2015
X est dénoncée pour « comportement suspect » sur la voie publique. La police arrive et la conduit à l’hôpital pour ensuite la mettre en dégrisement. Au cours de son interpellation, elle est victime de transphobie de la part des policiers et du personnel hospitalier. Elle ne se laisse pas faire. Elle est inculpée de « violences, outrage et rébellion ». X demande un délai pour préparer sa défense, afin d’éviter la comparution immédiate. En raison de sa transidentité, l’administration ne semble pas savoir dans quel établissement la placer en détention provisoire. Elle est donc placée en contrôle judiciaire dans l’attente de son procès.

DÉBUT SEPTEMBRE 2015
À son procès, X est condamnée à 1 an de prison ferme, sans mandat de dépôt. La juge semble décidée à « vouloir la faire réfléchir au fond d’une cellule » car elle s’en serait prise « aux icônes de la république ». Son avocat met en garde la juge en lui rappelant que « la prison est l’équivalent de la peine de mort. C’est une peine inapplicable pour elle qui, physiquement et dans sa tête, est une femme et qui, pour l’état civil, est un homme ». X rappelle les faits et explique qu’elle a été confrontée à des personnes transphobes plus tôt dans la soirée, avant de se retrouver seule dans la rue, là où elle a été interpellée.

AUTOMNE 2015
X est incarcérée dans une prison pour hommes.

DÉBUT DÉCEMBRE 2015
X se suicide en prison. L’Administration Pénitentiaire ne semble laisser filtrer aucune information sur son décès.

Pensées pour sa famille et ses proches. Désolée.

Advertisements
Cet article a été publié dans Billets. Ajoutez ce permalien à vos favoris.