T-DOR 2014 : UnE bonNE trans est unE trans mortE

Les idées présentées dans ce texte ne sont que de pâles ersatz de celles beaucoup plus abouties qui sont développées dans les textes qui se trouvent ici et ici. Si vous lisez l’anglais, allez plutôt faire un tour sur ce site, et si vous traduisez l’anglais, je serais ravie de relayer des traductions des textes en question.

T-DOR 2014 : UnE bonNE trans est unE trans mortE

C’est du moins ce qu’on pourrait penser quand on voit l’implication presque massive des cis et/ou blancHEs et/ou universitaires et/ou autres CSP+ dans la célébration annuelle du T-Dor (marque déposée, rappelons-le) qui commémore chaque année une partie des meurtres dont sont victimes en grande majorité des femmes trans racisées et/ou migrantes, et/ou pauvres et/ou travailleuses du sexe et/ou incarcérées. Et qui rappelons-le, n’est pas censé être une date fourre-tout pour n’importe quel événement vaguement en lien avec les problématiques trans (suivez mon regard…).

Faut dire que dans la communauté LGB(T), les personnes trans sont célébrées soit quand elles se marient homosexuellement avant l’heure (comme à Nancy ou en Russie, pour ne citer que les plus récentes), soit quand elles sont mortes. C’est pratique, on peut faire dire ce que l’ont veut à des mortes. Et les recycler à toutes les sauces.

Restent les Trans March et autres Existrans qui rassemblent les foules (après quand même des années d’acharnement à la marge) parce que, finalement, « tout le monde est un peu trans », et qui doivent faire face chaque année (avec plus ou moins de succès selon les cas) aux tentatives d’appropriation bourges ou transcools qui dégoulinent de respectabilité (rappelons-nous ça et ça). Restent aussi les exotisations sexuelles des « shemale » (version mainstream hétéro) et des « T-Boys » (version alterno sexyqueer).

Certaines soulignent aussi avec grande justesse que le T-Dor pêche par son manquement dans le recensement des suicides de personnes trans, dans la mesure où ils sont le fruit d’une société transphobe qui n’a même plus besoin de bourreaux pour nous faire disparaître, et qui représentent une autre part significative des mortEs.

Heureusement, Laverne Cox commence à être connue de l’autre côté de l’Atlantique (merci, vraiment merci), alors avec un peu de chance ça devrait bouger par ici dans une petite vingtaine d’année…

Reste que : qui se soucie réellement des femmes trans racisées et/ou migrantes, et/ou pauvres et/ou travailleuses du sexe et/ou incarcérées quand elles sont vie, et pendant les 364 autres jours de l’année, à part Acceptess-T (oui, en france, on a au moins la chance d’avoir une asso comme celle-ci) ? En tout cas ce ne sont certainement pas les cis blancHEs, ni les trans CSP+.

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